Ga Mo WigNa - BURKINA FASO

programme de coopération climatique internationale (pcci)



Ce projet est réalisé grâce à la participation financière du gouvernement du Québec, dans le cadre du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques, financé par le Fonds vert.

Le projet, en bref:

Le projet vise à améliorer la résilience des populations de quinze villages des départements de Pô, de Guiaro, de Tiébélé et de Ziou de la province du Nahouri, dans le Centre-Sud du Burkina Faso, face aux changements climatiques. Ces communautés sont toutes voisines d’un important parc naturel (Parc National Kaboré-Tambi – PNKT), qui agit à titre de stabilisateur climatique pour la région où une population estimée à 180 000 personnes vit d’activités agricoles et forestières.

Le projet agit sur trois fronts simultanément : la concertation des acteurs locaux en vue de mettre en place des Plans d’Adaptation aux Changements Climatiques (PACC); la promotion de nouveaux comportements socioéconomiques de faible impact environnemental au sein des populations locales, et le soutien à des initiatives directes de restauration des sols et de reboisement dans la zone tampon du PNKT. Le projet fait une place importante aux processus participatifs des populations touchées par les changements climatiques dans l’élaboration des solutions pertinentes et adaptées à leur réalité. Le projet compte sur des collaborations scientifiques et méthodologiques québécoises, notamment une géographe spécialisée en changements climatiques, ce qui contribuera à faciliter le transfert des compétences et la prise en charge locale pour atteindre des résultats significatifs et durables au bout des trois années de réalisation du projet.


PARTENAIRE DU PROJET AU BURKINA FASO

L’association Ga Mo Wigna, qui signifie en langue locale kassem « La nature, c’est la vie », est née de la conviction selon laquelle la réalisation d’un développement durable passe par une conservation et une utilisation rationnelle des ressources naturelles. Sa création est le résultat d’un constat de dégradation accélérée du parc national de Pô et des zones avoisinantes. Elle a pour mission de contribuer au renforcement de la conservation et de la gestion rationnelle des ressources naturelles avec la participation communautaire en vue d'améliorer les conditions de vie des populations du Nahouri. Ga Mo Wigna est une association de référence et d’expertise en matière de conception, de mise en œuvre de projets et de programmes de gestion durable des ressources naturelles et de développement communautaire. Elle mise sur une alliance de progrès humain et promeut la nécessité de préserver les équilibres naturels pour les générations futures. Elle réalise chaque année plusieurs activités sur la sauvegarde de l'environnement, l’amélioration des pratiques agricoles, la promotion de la santé et la promotion du développement local dans sa zone d’intervention. Elle réalise également, à ces sujets, de nombreuses activités de sensibilisation auprès de toute la population.

CONTEXTE DU PROJET

Le projet a lieu dans 15 villages de la province du Nahouri au Burkina Faso, plus précisément dans les départements de Pô, de Guiaro, de Tiébélé et de Ziou. Ces villages se situent dans une zone attenante au parc national Kaboré-Tambi, considérée comme zone tampon ayant une influence régulatrice sur le climat grâce au couvert forestier qui était, par le passé, caractérisé de dense. La zone tend par contre à se dégrader. On y trouve aujourd’hui de plus en plus de champs infertiles, entrecoupés de ravins, et de cours d’eau ensablés. La végétation est maintenant principalement composée d’arbustes.

Cette situation est le résultat d’actions humaines, comme a pu le constater l’association Ga Mo Wigna dans son travail continu auprès des populations avoisinantes au parc national, mais démontre également, selon Madelaine Rouleau, géographe spécialisée en changements climatiques, les impacts grandissants des changements climatiques.

Bien qu’on ne dispose actuellement que d’une quantité insuffisante de données scientifiques pour se prononcer de manière absolue sur les impacts précis des changements climatiques, il est démontré que l’Afrique, où ⅓ des GES provient de la déforestation, de l’appauvrissement des sols et de l’érosion, est l’un des continents les plus vulnérables aux changements climatiques. Considérant qu’un couvert végétal permanent est nécessaire au cycle du carbone, le climat steppique et de savane du Burkina Faso le rend plus fragile face aux impacts des changements, qui modifient les conditions d’agriculture. L’augmentation des températures, une diminution des précipitations, mais aussi une augmentation dans la fréquence et l’intensité des inondations majeures, une présence importante de périodes de sécheresse et une augmentation des tempêtes de sable et de poussière sont des éléments qui ont été observés au Burkina Faso et qui ont des conséquences sur les pratiques agricoles et les conditions de vie des habitants. Comme 60% de la population burkinabè vit d’agriculture, il est impératif de mettre en place des actions visant la valorisation des sols et du couvert forestier afin de limiter les interventions anthropiques conduisant à la désertification des terres et à la dégradation des sols.

L’association Ga Mo Wigna a identifié différentes pratiques des populations qui nuisent à la fertilité des sols et qui amplifient la désertification. Il a été constaté que les sols de cette zone sont peu fertiles, conséquence de l’érosion des sols et de l’utilisation non contrôlée de pesticides et d’engrais chimiques non homologués. Aussi, la quantité d’arbres fruitiers matures, tels que des manguiers, diminue. Ces éléments ont pour effet de diminuer les rendements agricoles, et donc le revenu des ménages, qui se voient maintenant contraints de se tourner vers d’autres terres ou sources de revenus. On observe donc une coupe abusive des arbres pour la fabrication de charbon de bois, un défrichement incontrôlé et des cultures itinérantes sur brulis. Ces pratiques conduisent à la désertification et à la dégradation des sols, menant ainsi les populations dans un système de cause à effet sans issue; les populations et le couvert forestier de la zone sont donc placés dans une situation de vulnérabilité. L’association Ga Mo Wigna a également noté une faible connaissance, de la population, de la problématique des changements climatiques, de ses impacts sur les conditions d’agriculture et des méthodes d’adaptation à ces changements.

Le projet vise donc à renforcer les connaissances des populations sur les changements climatiques afin qu’elles s’approprient et mettent en œuvre des pratiques non dommageables pour les sols. La sensibilisation de la population, la valorisation et la restauration des sols, la mise en place de plans d’adaptation et le soutien d’écosystèmes d’affaires sont les voies que le projet se propose de prendre pour arriver à améliorer la résilience des populations de la zone d’intervention face aux changements climatiques.

Pour plus d'information, veuillez communiquer avec l'équipe à pcci@cs3r.org.